Le haubanage des arbres

L'intervention qui consiste à installer un hauban sur un arbre a comme principal objectif d'assurer la sécurité des personnes, des véhicules et des installations qu'il surplombe. Il semble superflu d'insister sur l'importance de la fiabilité d'un tel équipement.

Comme toute installation comportant des pièces mécaniques, un hauban est sujet à céder sous la charge. Cependant, lorsqu'il y a rupture, il n'est pas toujours évident qu'une erreur du technicien soit en cause. Il arrive qu'en certains cas, nous ne puissions que constater que le travail a été exécuté selon les méthodes usuelles, avec des pièces de quincaillerie de dimensions convenables.

En passant en revue les items qui sont le plus souvent impliqués lors de la rupture d'un haubanage, nous remarquons que les tendeurs sont tout particulièrement vulnérables. Cela est dû, en partie, au grand nombre de pièces mobiles dont ils sont composés.

Quelques précautions

Les câbles ont tendance à casser là ou ils sont fixés aux crochets ou à toute pièce faisant partie de l'ensemble. La faiblesse a été causée par la rouille qui s'est installée à la suite de craquelures du revêtement protecteur provoquées par une courbure trop accentuée du câble. Cette situation peut être évitée par l'emploi d'une cosse ou par tout autre procédé limitant la courbure imposée au câble.

Cependant, selon certains experts consultés, L'idéal serait de toujours utiliser du câble en acier inoxydable. Un hauban réalisé à l'aide de ce matériau de qualité supérieure verrait sa fiabilité et sa longévité considérablement améliorées.

Pour ce qui est des vis à crochets, elles ont tendance à ouvrir trop facilement sous la pression. Une vis à oeil (ou boulon à oeil) est plus sécuritaire. Il arrive également que des

vis à crochet ou à oeil soient arrachées de l'arbre. Une carie intérieure est généralement responsable de cet état de choses. L'utilisation d’un boulon à œil aurait été nécessaire dans un tel cas.

Une façon de diminuer les risques de bris serait de réduire le nombre de pièces mobiles et de permettre à celles que l'on utilise de devenir de plus en plus efficaces et de moins en moins vulnérables à la rouille avec le temps. Une des techniques à notre disposition à cet égard serait de faire en sorte que les pièces de métal, telles que les crochets et ce qui s'y rattache, soient rapidement englobées dans le bois qui se formera dans les années subséquentes.

Une technique fiable

Depuis un certain temps, j'expérimente une technique de haubanage qui se veut d'une grande simplicité; en fait, l'ensemble ne comporte que quatre pièces de quincaillerie, soit: deux vis à oeil, un bout de câble et un serre-câble.

Il s'agit, pour installer, de percer deux trous de dimension convenable et de poser les deux vis à oeil en laissant un espace de deux à trois centimètres entre l'écorce et l'oeil. Après quoi, on introduit un bout de câble dans l'oeil, on contourne la tige de la vis et on passe à nouveau le câble dans l'oeil en sens inverse. Le tout ressemble alors à un noeud plat. On répète l'opération pour l'autre oeil. Les deux extrémités du câble doivent se rejoindre vers le centre et être retenues ensemble par un serre-câble. En enfonçant les vis, le câble entrera en contact avec l'écorce tout en procurant la tension voulue au hauban.

Un haubanage de ce type doit constamment être tendu. Il ne serait d'aucune efficacité pour retenir une longue branche relativement flexible. En effet, lors de grands vents, la tension du câble deviendrait nulle. De petits "e" se formeraient au long du câble. Même s'il était d'acier inoxydable, celui-ci ne saurait supporter de telles contraintes bien longtemps.

Cette technique comporte de nombreux avantages, alors que je n'y ai détecté aucun inconvénient jusqu'à maintenant.

a) Le nombre de pièces mobiles est considérablement réduit.

b) L'oeil de chaque vis ainsi que les sections courbées du câble étant englobés rapidement dans le nouveau bois, l'emprise de ces pièces sur l'arbre augmente au fur et à mesure que celui-ci prend de l'ampleur. De plus, il semble que ces sections du câble sont alors moins vulnérables à la rouille.

c) Le toron obtenu par l'enroulement du double câble donne une plus grande élasticité à l'ensemble.

d) La pression exercée sur le serre-câble est considérablement réduite par la friction agissant de part et d'autre sur le câble.

e) Le câble étant en contact avec l'écorce, l'alignement des vis exige une moins grande précision que les méthodes usuelles.

f) La rapidité d'installation est de nature à réduire considérablement les coûts; ceci nous permet d'utiliser du câble de qualité supérieure tout en restant compétitifs.

N B Ce texte a été publié dans la revue Arboriculture-Québec,


Racine

Racine pivotante

La racine pivotante ou pivot se forme au moment de la germination de la graine. C'est la première racine qui s'enfonce dans le sol. Elle sert essentiellement à la stabilité de l'arbre et aussi à la recherche d'eau profonde. Les arbres ne produisent pas tous une racine pivotante capable de se développer de façon importante. La ravine pivotante ne repousse pas si elle est coupée; ce qui est le cas lors des transplantations. Des arbres comme les noyers (Juglans) qui ont une forte racine pivotante et peu d'autres racines sont ainsi très défavorisés lorsqu'ils sont transplantés. Leur stabilité au vent est fortement compromise.

Racines et radicelles

Les racines ont trois rôles. Un rôle de stabilité de la plante, un rôle de transport de la sève et un rôle de stockage des matière nutritives. Les racines ne s'enfoncent que peu dans le sol, elles se concentrent là où les éléments nutritifs sont les plus nombreux c'est à dire dans la partie superficielle du sol.
L'essentiel du système racinaire (ensemble des racines principales, secondaires et des radicelles) se situe dans le premier mètre sous la surface du sol. Pour les arbres dont la forme est globalement ovoïde, l'étendue

du système racinaire est approximativement égal à la surface couverte par les branches. Pour les arbres fastigiés on s'imaginera la place qu'ils prendraient s'il étaient ovoïdes. Cette mesure n'est qu'une approximation mais cela devient une règle impérative pour prévoir le sol dont on aura besoin pour faire pousser un arbre. Pour devenir adulte, un grand arbre aura besoin d'environ 100 mètres carrés de sol sur une profondeur d'environ 1 mètre. S'il dispose de moins de terre, il adaptera son volume aérien à la quantité de sol disponible. Dans un mètre cube de terre un arbre résiste une dizaine d'années avant de dépérir.

Les radicelles sont les jeunes racines.
La croissance en longueur des racines se fait par l'allongement des radicelles, ensuite la racine ne fait que croître en diamètre à l'emplacement où elle se situe. Les jeunes racines sont incapables de perforer des matériaux tels que le plastique ou le béton (par exemple les tuyaux et fondations de maison). En revanche, si elles se sont introduites dans une fissure de ces matériaux, leur croissance en diamètre est capable d'agrandir ces fissures en écartant les deux bords déjà disjoints de la fissure. De plus la consommation d'eau par les racines absorbantes (utilisée par la plante et transpirée par le feuillage) provoque des variations importantes de l'eau dans le sol et par voie de conséquence des instabilités de celui-ci et des constructions qu'il supporte (surtout pour les sols argileux). On en tirera des conclusions importantes pour les distances de plantation et les caractéristiques des fondations. Car il faut se souvenir que si on veut un arbre adulte, son vieillissement ne peut pas être interrompu.
Les racines respirent, il faut que le sol contienne de l'air. Les radicelles sont couvertes de poils absorbants qui sont chargées de puiser l'eau et la nourriture dans le sol.

Racine principale

Les racines principales sont les racines les plus âgées. Elles ont un rôle essentiel dans la stabilité de la plante et ce sont aussi par elles que passe l'essentiel de la nourriture récoltée par les poils absorbants. Si elle est coupée, une grosse racine ne repousse pas. C'est toute la partie aérienne de l'arbre correspondant à son flux de sève qui va dépérir. Les racines d'un arbre sont souvent liées au

branches situées du côté opposé de l'arbre. Couper des racines principales au nord entraînera probablement le dépérissement des branches au sud.

Drageon

Un drageon est une branche vigoureuse qui développe un nouveau système aérien de l'arbre à partir d'une racine. C'est une forme de jeunesse de l'arbre, vigoureuse et ascendante.

Tronc

C'est l'axe principal qui s'est développé et a grossi en circonférence au fur et à mesure des années.

Branche principale ou charpentière

C'est une branche qui part du tronc. Cette branche s'est formée à cette hauteur dès la première année où elle a poussé. Quand vous plantez un scion (jeune arbre de 2 à 3 ans) les pousses latérales, si vous ne les coupez pas, deviendront les branches principales. Les branches principales sont des formes de jeunesse de l'arbre qui sont devenues adultes avec le développement de l'arbre. Les formes de jeunesse sont plus vigoureuses (plus grandes) que les formes adultes et sont stériles (ne portent pas de fleurs). Les formes de jeunesse ont aussi une structure (direction et angle formés entre les branches) différente des formes adultes.
Une branche principale coupée ne cicatrise pas correctement. Le bois reste apparent pendant de très nombreuses années et cette plaie est une porte ouverte aux maladies. Il vaut mieux penser à former l'arbre dans sa structure future dès qu'il est planté dans le jardin. On laissera croître les branches qui deviendront principales et on supprimera dès leur apparition celles que l'on ne veux pas comme branches principales.

Gourmand

C'est une branche vigoureuse qui développe un nouveau système aérien de l'arbre à partir d'une branche adulte. Cette forme de jeunesse peut apparaître sur une structure adulte de l'arbre. C'est un réel rajeunissement de l'arbre qui recommence ainsi "une nouvelle vie"

Branche secondaire

Les branches secondaires se situent entre les branches principales et les rameaux. Elles sont d'un diamètre suffisant pour devoir être coupées avec une scie. Les branches mettent autant d'années à cicatriser après une coupe qu'elles ont d'années d'existence. Une fois la branche coupée, il se reformera de nouvelles branches au bout, mais la différence d'épaisseur entre la branche coupée et la nouvelle pousse restera toujours visible. Regardez un arbre adulte et essayez de repérer les années où il a subit une coupe de branches.

Rameaux et brindilles

Ce sont les pousses de l'année qui forment la ramure. Si elles sont coupées ou meurent par manque de vigueur, la branche qui les portait cicatrise très facilement.
D'une façon générale, les floraisons apparaissent sur des rameaux et brindilles de vigueur moyenne à faible. Avec beaucoup de vigueur il n'apparaît que des formations stériles qui produiront la structure de la plante. Les brindilles trop faibles régressent peu à peu et disparaissent.
Les rameaux ajustent leur vigueur en fonction de la sève qu'ils reçoivent. Plus ils en reçoivent plus ils sont vigoureux. La sève monte vers le haut. On observe en fonction des espèces une réaction plus ou moins marquée par la différence de vigueur entre les rameaux verticaux et latéraux. C'est la dominance apicale ou latérale qui influence la forme générale de l'arbre. Les plantes à dominance apicale sont ovoïdes à fastigiée. Les plantes à dominance latérale sont étalées à sphériques. Entre les formes de jeunesse et les formes adultes il se produit souvent un changement de dominance.


Les rameaux secondaires, au bout des branches peuvent avoir une direction particulière, ascendante ou pleureuse, qui donne un aspect caractéristique à l'espèce ou au cultivar.
On peut redonner de la vigueur à un rameau en le redressant ou l'affaiblir en le courbant vers le bas. La répartition de la sève se fait en fonction de l'angle que forment les branches avec la verticale et des difficultés de passage de la sève dans le rameau. Ces variations de répartition de sève peuvent être induites par les nouvelles pousses (qui tirent la sève), la taille ou les blessures au cambium (qui freinent la sève).

Flèche terminale ou axe principal

La flèche terminale est un élément majeur du jeune arbre, c'est cette pousse vigoureuse qui détermine la structure du tronc et des branches principales de l'arbre adulte. Dans les années de jeunesse de l'arbre, il faut donc surveiller cet axe pour qu'il donne la forme adulte que l'on souhaite.
Si on coupe la flèche, les pousses latérales prendront de la vigueur et la structure de l'arbre commencera à se disperser par 2, 3 ou 4 branches principales. Si on coupe à nouveau les flèches de ces futures branches principales la dispersion du branchage va se poursuivre. Souvenez vous que les branches restent à la hauteur à laquelle elles se forment. En coupant les flèches vous réduisez la hauteur de vos arbres. Choisissez les branches quand elles sont jeunes, elles grossiront sur place et donneront à l'arbre sa structure âgée.

Le greffage

La saison des greffages est ouverte: rosiers, arbres fruitiers et autres arbustes ornementaux sont maintenant greffés. Des sujets plus anciens de fruitier seront, eux, surgreffés en septembre ou en mars prochain.

Définition.
Précédé de multiplication végétative par la greffe, cette méthode consiste à implanter un greffon (oeil ou fragment de rameau) sur un porte-greffe (sujet) dans le but de reproduire fidèlement une espèce ou un cultivar que l'on ne peut pas semer ou bouturer. La soudure des deux éléments mis en contact se fait par prolifération de leurs cambiums.
En règle générale, le greffon ne peut être posé que sur un sujet du même genre botanique et parfois de la même famille.
Le greffage permet de cultiver des fruits succulents ou des fleurs magnifiques sur des porte-greffe bien adaptés aux conditions climatiques de la région concernée.

Les techniques.
Au fil du temps, diverses techniques de greffage ont été mises au point. Les rosiers et les jeunes arbres fruitiers sont écussonnés, la vigne est greffée à l'anglaise alors que sur d'autres espèces on greffe en fente, en couronne etc.
Pour réussir une greffe plusieurs facteurs entrent en ligne de compte dont le doigté et l'expérience ne sont pas les moindres. L'état végétatif comme le respect des espèces concernées ont aussi leur importance.
L'écussonnage des rosiers et des fruitiers se pratique en août; les écussons sont prélevés sur des plantes adultes bien représentatives de la variété souhaitée. Les bourgeons des écussons ne se développeront qu'au printemps suivant le greffage; on parle alors de greffe à oeil dormant. Le greffage en couronne, effectué en mars, est dit à oeil poussant.
Pour que la greffe "prenne" il faut impérativement que les cambiums des deux parties soient en contact permanents, à l'abri de l'air et de l'eau.
La greffe la plus simple à exécuter est la greffe par approche! Dans ce cas, le porte-greffe et la variété restent dans leurs pots jusqu'à ce que la soudure soit assez solide pour que l'on puisse couper la partie enracinée du greffon et la tête du porte-greffe.
Vous pouvez très facilement essayer cette méthode, en accolant deux sujets différents de thuya, de sapin ou d'autres arbustes. A l'aide d'un couteau bien affûté (greffoir) vous enlèverez 3 cm d'écorce; avec un brin de raphia, vous ligaturerez les deux rameaux de manière à ce que les deux plaies soient lune contre l'autre et vous terminerez le travail en appliquant sur la zone opérée une couche de mastic ou de paraffine. C'est au printemps prochain que vous pourrez sevrer vos plantes. Vous aurez ainsi un pied enraciné avec une variété sur lequel se développera un cultivar.
Après le greffage, il faut maintenir les végétaux en végétation pour que la cicatrisation s'effectue rapidement.

Ecussonnage et greffe en couronne.
Voici maintenant quelques notions sur deux autres greffes relativement faciles à réussir.
L'écussonnage.
Cette méthode de multiplication est très utilisée pour les rosiers et les arbres fruitiers s'effectue entre juillet et septembre. L'écussonnage consiste à placer un oeil entouré d'un lambeau d'écorce en forme d'écusson.
Le prélèvement du greffon doit se faire sur un rameau de l'année suffisamment aoûté en prenant garde de ne pas vider l'oeil; la feuille sera coupée en prenant soin de lui laisser le pédoncule (elle vous servira de poignée). Le porte-greffe, bien en sève, sera incisé en forme de T puis l'écorce délicatement soulevée à droite et à gauche pour que vous puissiez glisser l'écusson juste sous l'écorce. Le travail se termine par la pose d'une ligature qui maintiendra la greffe en place.
La greffe en couronne.
Cette méthode permet de poser des greffons sur des grosses branches. Suivant le diamètre du rameau on posera 2, 3 ou 4 greffons sur la face de la coupe. Cette greffe est pratiquée en septembre ou en mars avril. Pour les travaux de septembre, les greffons sont prélevés directement, alors que pour une intervention de printemps, il faut couper les rameaux greffons en décembre et les conserver dans le bas du réfrigérateur.
Vous débuterez l'opération en rabattant le sujet à greffer en prenant garde de laisser quelques branches secondaires qui feront office de tire-sève.
Les greffons seront prélevés sur des rameaux de l'année, ils auront une longueur de 8 à 10 cm et devront avoir 3 yeux. Les feuilles seront supprimées. Le bois du greffon sera ligneux mais pas encore trop dur.
La réussite dépend essentiellement de la préparation du greffon! Vous devez couper le bas du greffon en biais sur une longueur de 2 à 3 centimètres puis vous couperez un plat sur un côté.
Le porte-greffe sera incisé d'un coup de greffoir, juste sous l'écorce, qui ne sera soulevée que d'un côté. Les greffons seront maintenus par une ligature et la plaie recouverte de mastique.

Après l'opération.
Les greffes fraîchement posées sont délicates, les plantes doivent être bichonnées comme on le fait pour des humains tout juste sortis de l'hôpital: arrosages, soins phytosanitaires et contrôle des ligatures sont à l'ordre du jour.
Après trois semaines, vous saurez si la réussite est au rendez-vous! Si la greffe est bien collée le pétiole de l'écusson doit tomber sans se dessécher et sur celle en couronne, le greffon doit rester vert et sans rides.
Pour les greffages d'automne, c'est au printemps que les tire-sève et les têtes de porte-greffage son supprimés.
Enfin, rappelez-vous que le greffage n'est pas un art facile et qu'il faut souvent essayer à plusieurs reprises pour que le métier de greffeur s'ouvre à vous.

Arboriculteur Viau et Trudeau

Confiez vos arbres à de vrais spécialistes

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Agents pathogènes des arbres


Parmi les facteurs ou agents à l'origine des maladies des arbres, on compte des organismes biologiques comme les champignons, les bactéries et les virus, qui infectent directement les arbres. Il existe également des agents non biologiques susceptibles d'infliger aux arbres des blessures qui deviendront des foyers d'infection. Dans certains cas, les blessures causées par des agents biologiques et non biologiques peuvent être tellement graves que la plante touchée en meurt. La meilleure façon de classer ces agents est peut-être d'après leur nature infectieuse: ceux qui peuvent se multiplier sur un hôte sont des agents "infectieux" et ceux qui ne le peuvent pas, des agents "non infectieux". Les agents infectieux produisent des germes qui leur permettent de se propager et d'infecter d'autres hôtes.
Les êtres humains, les animaux et les conditions météorologiques sont des agents non infectieux. Nous avons retenu ici les plus importants ou les plus courants des agents susceptibles de causer des dommages aux arbres.
Les maladies infectieuses des arbres sont surtout causées par des champignons. Ces derniers sont des plantes simples dépourvues de chlorophylle qui colonisent leur substrat par le développement de structures microscopiques filamenteuses appelées hyphes. Comme les champignons sont dépourvus de chlorophylle, ils ne peuvent pas produire la photosynthèse; c'est donc par une action enzymatique qu'ils se nourrissent du matériel sur lequel ou dans lequel ils croissent.
Les champignons se reproduisent par des spores; celles-ci exercent les mêmes fonctions que les graines, mais elles sont tellement petites qu'elles ne sont visibles qu'à l'aide d'un microscope. Les spores sont disséminées surtout par le vent, la pluie, les insectes et le déplacement du sol et du matériel végétal infecté. Elles germent lorsqu'elles trouvent un milieu propice. Elles produisent alors un tube germinatif qui se transforme en hyphe à mesure que le champignon se développe. Les hyphes croissent, se ramifient et, si les conditions sont favorables, se propagent rapidement.
Plusieurs champignons sont bénéfiques: certains décomposent la matière organique; d'autres, tels les levures, sont utilisés en pâtisserie et dans la fabrication de la bière; ceux que l'on surnomme moisissures servent à la production du fromage et des antibiotiques, et enfin, certains, comme l'agarie champêtre, forment des fructifications qui sont comestibles.
Il existe également des champignons qui attaquent et endommagent les plantes vivantes et causent des maladies de deux types: les maladies annuelles et les maladies pérennes. La présence et la gravité des maladies annuelles varient d'année en année. Les taches des feuilles en constituent de bons exemples. Les maladies pérennes sont celles qui persistent une fois apparues, comme les chancres des tiges ou des branches qui resteront sur la partie infectée jusqu'à ce que l'arbre périsse. Certains champignons peuvent même demeurer actifs sur un hôte mort.
Les maladies dont nous avons choisi de traiter dans le présent document peuvent être groupées dans les catégories suivantes:
rouille
carie
flétrissement
chancre
rouge
anthracnose

Les champignons de la rouille forment un groupe particulier, car nombre d'entre eux ont besoin de deux hôtes vivants et différents pour compléter leur cycle biologique plutôt complexe. L'hôte ayant une importance économique moindre est habituellement appelé l'hôte alternant. Les champignons de la rouille tirent leur nom commun de la couleur rouge orangé de leurs spores pendant au moins un stade fructifère. Un cycle biologique complet comporte cinq stades fructifères distincts. De nombreux champignons de la rouille ne passent pas par ces cinq stades, et certains peuvent compléter leur cycle biologique sur un seul hôte. Ces champignons tirent leur nourriture des cellules des plantes vivantes et ne survivent pas à la mort de leurs hôtes. Les rouilles des arbres peuvent causer des maladies annuelles et des maladies pérennes.
Les champignons de la carie du bois sont des organismes pathogènes particulièrement insidieux, étant donné que la plus grande partie de leur activité se déroule à l'intérieur de leurs hôtes et qu'aucun symptôme externe n'est apparent. Certains de ces champignons causent une carie des racines, alors que d'autres sont surtout confinés dans la tige. Lorsque le champignon de carie produit une fructification, révélant ainsi sa présence dans l'arbre, la carie peut déjà être très avancée.
On trouve deux grands groupes de champignons de carie: ceux de la carie blanche décomposent tous les éléments du bois, et ceux de la carie brune ne décomposent que la cellulose, laissant la lignine intacte. On évalue à environ 1700 le nombre des champignons de carie, dont environ 6% causent une carie brune.
Le flétrissement est causé par des champignons qui envahissent le système vasculaire de l'hôte. Ces champignons entravent le transport des liquides à l'intérieur de l'arbre, ce qui réduit l'apport d'eau vers les feuilles et entraîne leur flétrissement. On ne connaît pas entièrement le mécanisme en jeu, mais on croit qu'il suppose une obstruction physique, la production de toxines par le champignon et le développement de structures par l'hôte, ce qui tend à bloquer les vaisseaux qui transportent l'eau. Les coupes transversales de l'aubier extérieur des arbres infectés par les champignons du flétrissement révèlent souvent des lignes de coloration qui peuvent être continues ou discontinues. Le flétrissement est une maladie pérenne qui peut entraîner la mort de l'hôte.
Les champignons du chancre causent des distorsions sur le tronc ou les branches des arbres infectés. On les trouve tant sur les feuillus que sur les conifères. Les dommages peuvent varier de la réduction du volume du bois marchand à des degrés divers jusqu'à la mort de l'hôte. Les arbres chancreux qui subissent un stress causé par le vent ou une forte accumulation de glace et de neige se brisent souvent au niveau du chancre. Le champignon du chancre envahit fréquemment un hôte par des chicots de branche ou des blessures. Une fois établi, il tue l'écorce; comme l'arbre réagit à cette invasion, on voit souvent apparaître une couleur ou une configuration caractéristique à cet endroit. Le champignon du chancre fructifie sur l'hôte et libère ses spores lorsque la température et l'humidité sont propices.
Les champignons causant la maladie du rouge sont communs sur les aiguilles des conifères et nombre d'entre eux peuvent causer une défoliation prématurée. L'infection se produit habituellement sur les aiguilles de l'année, et le champignon peut atteindre son stade de reproduction à la fin de cette saison ou jusqu'à deux ans plus tard. Les fructifications sont habituellement noires. Elles peuvent aussi être circulaires, ovales ou allongées, et couvrir toute l'aiguille. On peut également les observer à l'oeil nu.
La plupart des champignons du rouge ne causent pas de sérieux problèmes, mais certains d'entre eux peuvent infliger des dommages importants aux jeunes arbres et aux arbres des pépinières forestières. Le rouge est une maladie annuelle.
L'anthracnose est une maladie des feuillus causée par des champignons qui hivernent sur les feuilles infectées tombées au sol ou dans les rameaux. Au printemps, les spores libérées par les champignons infectent les nouvelles feuilles. Ces champignons peuvent causer une destruction considérable du tissu foliaire ainsi qu'une défoliation prématurée. L'anthracnose est une maladie annuelle et elle ne semble pas être fatale.
Les agents pathogènes présentés dans les pages qui suivent ne font pas tous partie des groupes décrits ci-dessus. Ainsi, la brûlure bactérienne est causée par une bactérie. Les bactéries sont de très petits organismes unicellulaires responsables de nombreuses caries spongieuses et elles peuvent tuer le tissu d'hôtes vivants. Elles sont souvent disséminées par les insectes. D'autre part, le faux-gui est une plante à graines parasite qui infecte certaines essences de conifères. Il se propage par l'éjection vigoureuse de ses graines, qui peuvent aussi être transportées à l'occasion par des oiseaux et de petits mammifères.

Prélèvement de spécimens

Prélèvement de spécimens
Le prélèvement d'échantillons adéquats est la clé qui permet aux spécialistes d'identifier le facteur à l'origine de la maladie d'un arbre. La description de certains aspects du site est également importante. Les recommandations qui suivent ont été préparées à l'intention des forestiers, mais elles devraient servir de guide à toute personne qui voudra prélever des échantillons d'arbres infectés.
Procédures à suivre lors du prélèvement
Renseignements à inclure dans la note

Procédures à suivre lors du prélèvement
Il est important de tenir compte des points suivants lors du prélèvement de spécimens d'agents pathogènes:
1. On devrait prélever le plus gros échantillon possible de matériel représentatif portant des fructifications du champignon. (Certaines structures fongiques sont tellement petites qu'elles sont presque invisibles à l'oeil nu.)
2. Chaque échantillon ne devrait présenter qu'un seul type de dommage observé sur un seul arbre infecté, mais plusieurs échantillons peuvent être expédiés dans un même envoi.
3. Chaque échantillon devrait être placé dans un sac en papier, un tube ou tout autre contenant et être accompagné d'une note où apparaîtront les observations et les commentaires qui auront été rédigés sur le terrain au moment du prélèvement. Si l'échantillon est humide, la note devrait être insérée dans un sac en plastique; on peut aussi inscrire un code sur le sac renfermant l'échantillon et faire référence à ce code dans une lettre envoyée sous pli séparé.
4. Les échantillons de rameaux, de branches ou de racines devraient mesurer de 10 à 15 cm de longueur et comprendre une partie de tissu sain bordant le tissu infecté.
5. Les échantillons de feuilles, de fougères, de petites plantes et de rameaux devraient être pressés entre des feuilles de papier journal ou de magazine ou entre des morceaux de carton (principe de la presse d'herbier) et expédiés sans être pliés dans un contenant protecteur.
6. Les grosses fructifications devraient être séchées à l'air libre alors que les fructifications tendres et charnues devraient être séchées rapidement et entièrement à l'air chaud et sec. Au moment du prélèvement, on devrait prendre note de la couleur, de l'odeur et de la taille des fructifications et de leur point d'attache sur l'hôte, étant donné que plusieurs de ces caractéristiques disparaissent après le séchage.
7. Les échantillons ne devraient pas être enveloppés dans une pellicule de cellophane ou de plastique, car l'humidité élevée qui s'y formera favorisera le développement de champignons et de bactéries contaminants, ce qui rendra difficile l'identification du véritable agent pathogène.
8. Dans le cas des rouilles hétéroïques (c'est-à-dire celles causées par des champignons produisant des spores sur deux hôtes différents), on devrait si possible prélever des échantillons sur les deux hôtes.
Renseignements à inclure dans la note
Bien que tous les renseignements mentionnés ci-dessous puissent ne pas être disponibles, on devrait s'efforcer d'en fournir le plus grand nombre possible. Des renseignements adéquats augmenteront la probabilité d'une identification positive.
1. Le nom et l'adresse de la personne à laquelle la réponse devra être envoyée, et l'endroit où l'échantillon a été prélevé.
2. Le nom de l'espèce de l'arbre affecté ainsi que les renseignements suivants: diamètre à hauteur de poitrine; hauteur (estimative); partie infectée de l'arbre - feuillage, fleurs, fruits, rameaux, branches, tige, pied ou racines. On devrait également indiquer (dans la mesure du possible) si l'arbre est vivant ou mort.
3. Le statut de la maladie - en progression, en régression ou stationnaire.
4. Le nombre réel ou approximatif des arbres infectés. Si plus d'un arbre est touché, préciser le nombre et indiquer s'il s'agit d'arbres isolés, en forêt ou dans une plantation, si la maladie est confinée à une partie seulement du peuplement, etc.
5. Les facteurs prédisposants, par exemple le site, un drainage pauvre, un dommage mécanique immédiatement au-dessus du sol, une construction récente (depuis moins de cinq ans), etc., devraient aussi être notés.
6. Il faudra aussi indiquer quelques remarques sur les symptômes de la maladie: jaunissement, flétrissement, chancres, callus, production de chicots de branche, annelage, écoulement de résine, dépérissement, arbre moribond, cime morte, etc. Les signes de la présence de champignons, notamment des fructifications, devraient également être mentionnés. D'autres observations susceptibles de faciliter le diagnostic ou l'évaluation de la situation - possibilité que le sel de déglaçage soit en cause ou que des dommages aient été causés par l'urine des animaux - devraient aussi être incluses.
 

Arboriculteur Viau et Trudeau

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