Le haubanage des arbres
L'intervention qui consiste à installer un hauban sur un arbre a comme principal objectif d'assurer la sécurité des personnes, des véhicules et des installations qu'il surplombe. Il semble superflu d'insister sur l'importance de la fiabilité d'un tel équipement.
Comme toute installation comportant des pièces mécaniques, un hauban est sujet à céder sous la charge. Cependant, lorsqu'il y a rupture, il n'est pas toujours évident qu'une erreur du technicien soit en cause. Il arrive qu'en certains cas, nous ne puissions que constater que le travail a été exécuté selon les méthodes usuelles, avec des pièces de quincaillerie de dimensions convenables.
En passant en revue les items qui sont le plus souvent impliqués lors de la rupture d'un haubanage, nous remarquons que les tendeurs sont tout particulièrement vulnérables. Cela est dû, en partie, au grand nombre de pièces mobiles dont ils sont composés.
Quelques précautions
Les câbles ont tendance à casser là ou ils sont fixés aux crochets ou à toute pièce faisant partie de l'ensemble. La faiblesse a été causée par la rouille qui s'est installée à la suite de craquelures du revêtement protecteur provoquées par une courbure trop accentuée du câble. Cette situation peut être évitée par l'emploi d'une cosse ou par tout autre procédé limitant la courbure imposée au câble.
Cependant, selon certains experts consultés, L'idéal serait de toujours utiliser du câble en acier inoxydable. Un hauban réalisé à l'aide de ce matériau de qualité supérieure verrait sa fiabilité et sa longévité considérablement améliorées.
Pour ce qui est des vis à crochets, elles ont tendance à ouvrir trop facilement sous la pression. Une vis à oeil (ou boulon à oeil) est plus sécuritaire. Il arrive également que des
vis à crochet ou à oeil soient arrachées de l'arbre. Une carie intérieure est généralement responsable de cet état de choses. L'utilisation d’un boulon à œil aurait été nécessaire dans un tel cas.
Une façon de diminuer les risques de bris serait de réduire le nombre de pièces mobiles et de permettre à celles que l'on utilise de devenir de plus en plus efficaces et de moins en moins vulnérables à la rouille avec le temps. Une des techniques à notre disposition à cet égard serait de faire en sorte que les pièces de métal, telles que les crochets et ce qui s'y rattache, soient rapidement englobées dans le bois qui se formera dans les années subséquentes.
Une technique fiable
Depuis un certain temps, j'expérimente une technique de haubanage qui se veut d'une grande simplicité; en fait, l'ensemble ne comporte que quatre pièces de quincaillerie, soit: deux vis à oeil, un bout de câble et un serre-câble.
Il s'agit, pour installer, de percer deux trous de dimension convenable et de poser les deux vis à oeil en laissant un espace de deux à trois centimètres entre l'écorce et l'oeil. Après quoi, on introduit un bout de câble dans l'oeil, on contourne la tige de la vis et on passe à nouveau le câble dans l'oeil en sens inverse. Le tout ressemble alors à un noeud plat. On répète l'opération pour l'autre oeil. Les deux extrémités du câble doivent se rejoindre vers le centre et être retenues ensemble par un serre-câble. En enfonçant les vis, le câble entrera en contact avec l'écorce tout en procurant la tension voulue au hauban.
Un haubanage de ce type doit constamment être tendu. Il ne serait d'aucune efficacité pour retenir une longue branche relativement flexible. En effet, lors de grands vents, la tension du câble deviendrait nulle. De petits "e" se formeraient au long du câble. Même s'il était d'acier inoxydable, celui-ci ne saurait supporter de telles contraintes bien longtemps.Cette technique comporte de nombreux avantages, alors que je n'y ai détecté aucun inconvénient jusqu'à maintenant.
a) Le nombre de pièces mobiles est considérablement réduit.
b) L'oeil de chaque vis ainsi que les sections courbées du câble étant englobés rapidement dans le nouveau bois, l'emprise de ces pièces sur l'arbre augmente au fur et à mesure que celui-ci prend de l'ampleur. De plus, il semble que ces sections du câble sont alors moins vulnérables à la rouille.
c) Le toron obtenu par l'enroulement du double câble donne une plus grande élasticité à l'ensemble.
d) La pression exercée sur le serre-câble est considérablement réduite par la friction agissant de part et d'autre sur le câble.
e) Le câble étant en contact avec l'écorce, l'alignement des vis exige une moins grande précision que les méthodes usuelles.
f) La rapidité d'installation est de nature à réduire considérablement les coûts; ceci nous permet d'utiliser du câble de qualité supérieure tout en restant compétitifs.
N B Ce texte a été publié dans la revue Arboriculture-Québec,
Racine
Racine pivotante
La racine pivotante ou pivot se forme au moment de la germination de la graine. C'est la première racine qui s'enfonce dans le sol. Elle sert essentiellement à la stabilité de l'arbre et aussi à la recherche d'eau profonde. Les arbres ne produisent pas tous une racine pivotante capable de se développer de façon importante. La ravine pivotante ne repousse pas si elle est coupée; ce qui est le cas lors des transplantations. Des arbres comme les noyers (Juglans) qui ont une forte racine pivotante et peu d'autres racines sont ainsi très défavorisés lorsqu'ils sont transplantés. Leur stabilité au vent est fortement compromise.
Racines et radicelles
Les racines ont trois rôles. Un rôle de stabilité de la plante, un rôle de transport de la sève et un rôle de stockage des matière nutritives. Les racines ne s'enfoncent que peu dans le sol, elles se concentrent là où les éléments nutritifs sont les plus nombreux c'est à dire dans la partie superficielle du sol.
L'essentiel du système racinaire (ensemble des racines principales, secondaires et des radicelles) se situe dans le premier mètre sous la surface du sol. Pour les arbres dont la forme est globalement ovoïde, l'étendue
du système racinaire est approximativement égal à la surface couverte par les branches. Pour les arbres fastigiés on s'imaginera la place qu'ils prendraient s'il étaient ovoïdes. Cette mesure n'est qu'une approximation mais cela devient une règle impérative pour prévoir le sol dont on aura besoin pour faire pousser un arbre. Pour devenir adulte, un grand arbre aura besoin d'environ 100 mètres carrés de sol sur une profondeur d'environ 1 mètre. S'il dispose de moins de terre, il adaptera son volume aérien à la quantité de sol disponible. Dans un mètre cube de terre un arbre résiste une dizaine d'années avant de dépérir.
Les radicelles sont les jeunes racines.
La croissance en longueur des racines se fait par l'allongement des radicelles, ensuite la racine ne fait que croître en diamètre à l'emplacement où elle se situe. Les jeunes racines sont incapables de perforer des matériaux tels que le plastique ou le béton (par exemple les tuyaux et fondations de maison). En revanche, si elles se sont introduites dans une fissure de ces matériaux, leur croissance en diamètre est capable d'agrandir ces fissures en écartant les deux bords déjà disjoints de la fissure. De plus la consommation d'eau par les racines absorbantes (utilisée par la plante et transpirée par le feuillage) provoque des variations importantes de l'eau dans le sol et par voie de conséquence des instabilités de celui-ci et des constructions qu'il supporte (surtout pour les sols argileux). On en tirera des conclusions importantes pour les distances de plantation et les caractéristiques des fondations. Car il faut se souvenir que si on veut un arbre adulte, son vieillissement ne peut pas être interrompu.
Les racines respirent, il faut que le sol contienne de l'air. Les radicelles sont couvertes de poils absorbants qui sont chargées de puiser l'eau et la nourriture dans le sol.
Racine principale
Les racines principales sont les racines les plus âgées. Elles ont un rôle essentiel dans la stabilité de la plante et ce sont aussi par elles que passe l'essentiel de la nourriture récoltée par les poils absorbants. Si elle est coupée, une grosse racine ne repousse pas. C'est toute la partie aérienne de l'arbre correspondant à son flux de sève qui va dépérir. Les racines d'un arbre sont souvent liées au
branches situées du côté opposé de l'arbre. Couper des racines principales au nord entraînera probablement le dépérissement des branches au sud.
Drageon
Un drageon est une branche vigoureuse qui développe un nouveau système aérien de l'arbre à partir d'une racine. C'est une forme de jeunesse de l'arbre, vigoureuse et ascendante.
Tronc
C'est l'axe principal qui s'est développé et a grossi en circonférence au fur et à mesure des années.
Branche principale ou charpentière
C'est une branche qui part du tronc. Cette branche s'est formée à cette hauteur dès la première année où elle a poussé. Quand vous plantez un scion (jeune arbre de 2 à 3 ans) les pousses latérales, si vous ne les coupez pas, deviendront les branches principales. Les branches principales sont des formes de jeunesse de l'arbre qui sont devenues adultes avec le développement de l'arbre. Les formes de jeunesse sont plus vigoureuses (plus grandes) que les formes adultes et sont stériles (ne portent pas de fleurs). Les formes de jeunesse ont aussi une structure (direction et angle formés entre les branches) différente des formes adultes.
Une branche principale coupée ne cicatrise pas correctement. Le bois reste apparent pendant de très nombreuses années et cette plaie est une porte ouverte aux maladies. Il vaut mieux penser à former l'arbre dans sa structure future dès qu'il est planté dans le jardin. On laissera croître les branches qui deviendront principales et on supprimera dès leur apparition celles que l'on ne veux pas comme branches principales.
Gourmand
C'est une branche vigoureuse qui développe un nouveau système aérien de l'arbre à partir d'une branche adulte. Cette forme de jeunesse peut apparaître sur une structure adulte de l'arbre. C'est un réel rajeunissement de l'arbre qui recommence ainsi "une nouvelle vie"
Branche secondaire
Les branches secondaires se situent entre les branches principales et les rameaux. Elles sont d'un diamètre suffisant pour devoir être coupées avec une scie. Les branches mettent autant d'années à cicatriser après une coupe qu'elles ont d'années d'existence. Une fois la branche coupée, il se reformera de nouvelles branches au bout, mais la différence d'épaisseur entre la branche coupée et la nouvelle pousse restera toujours visible. Regardez un arbre adulte et essayez de repérer les années où il a subit une coupe de branches.